Le Bol d’Or du Léman n’est jamais une course comme les autres. Sur la même ligne de départ, professionnels aguerris et équipages amateurs partagent le même terrain de jeu. Un terrain exigeant, où l’habileté, la précision et la capacité à s’adapter font souvent la différence. Sur le Léman, rien n’est jamais acquis. Le vent décide, les stratégies s’affinent au fil des heures, et le mental devient parfois l’arme la plus précieuse à bord.

Cette 87e édition a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. Le départ est donné dans un vent favorable, permettant à la flotte de rapidement prendre son rythme.
Les TF35 de Sails of Change prennent rapidement place aux avant-postes de la flotte et s’engagent dans une belle bataille avec les TF35. Jusqu’au milieu du Grand Lac, les conditions permettent de maintenir un rythme soutenu avant que le scénario ne bascule. Le vent s’effondre. Les cartes sont redistribuées.
Aux avant-postes avant le changement de scénario
Avec X-Wing et Zen Too, l’équipe de Sails of Change 8 choisit alors de longer la côte suisse, une option plus longue mais qui semblait offrir davantage d’opportunités. Une décision assumée, fruit d’une lecture attentive du plan d’eau.

De son côté, Sails of Change 10 mise sur la côte française, faisant le pari d’une trajectoire différente pour tenter de tirer profit des conditions changeantes.
Mais sur le Léman, quelques minutes peuvent changer le cours d’une régate. Une transition favorable permet à la tête de flotte de s’échapper tandis que derrière, les bateaux restent piégés dans une zone de vent instable.
Il faut alors chercher la moindre risée, rester concentrés malgré l’écart. Dans le Petit Lac, le vent de sud-ouest profite aux leaders et les positions deviennent difficiles à reprendre. Pourtant, à bord, personne ne renonce.« Nous pensions arriver bien plus tôt, mais nous avons finalement franchi la ligne une fois la nuit tombée. Nous nous sommes bien battus jusqu’au bout, même lorsque la situation devenait compliquée », résume Yann Guichard, skipper de Sails of Change 8.

La force du collectif
Au-delà du classement, c’est sans doute cela que nous retiendrons de cette édition : l’esprit d’équipe, l’engagement derrière chacun de nos deux TF35 et cette volonté collective de ne jamais abandonner la course, quelles que soient les circonstances.
« C’était une course longue et difficile pour tout le monde. On a eu moins de vent qu’annoncé et la stratégie d’être 7 à bord ne nous a pas aidé. On s’est battu jusqu’à la fin sans jamais pouvoir recoller à la flotte des TF35. » Analyse Duncan Späth, skipper de Sails of Change 10.

Face aux pièges du Léman, aux transitions manquées et aux heures passées à chercher le moindre souffle d’air, les deux équipages Sails of Change ont fait preuve d’une grande résilience et d’une détermination sans faille. Lorsque les écarts se creusent et que les opportunités se raréfient, il reste une chose sur laquelle on peut toujours compter : la force du collectif. C’est dans ces moments-là que se révèlent les équipes, capables de rester engagées jusqu’à la ligne d’arrivée.
Toute l’équipe Sails of Change vous donne rendez-vous début septembre pour la suite de la saison TF35.




Classement
Sails of Change 8 :
– 12H03min54sec de course
– 5ème au général Bol d’Or du Léman
– 5ème TF35
Sails of Change 10 :
– 13H50min20sec de course
– 7ème TF35
– 13ème au général Bol d’Or du Léman
Équipages
Sails of Change 8 (SUI8)
Yann Guichard (FRA & SUI), skipper et barreur
Noé Delpech (FRA), tacticien
Billy Besson (FRA), régleur de grand-voile
Matthieu Ravussin (SUI), régleur de voile d’avant
Adrien Mestre (FRA), numéro 1
Solune Robert (FRA), embraque
François Morvan (FRA) embraque
Sails of Change 10 (SUI10)
Duncan Späth (SUI), skipper et barreur
Julien d’Ortoli (FRA), tacticien
Yann Jauvin (FRA), régleur de grand-voile
Jules Bidegaray (FRA), régleur de voile d’avant
Pieter Tack (BEL), numéro 1
Thibault Julien (FRA), embraque
Gregory Gendron (FRA) embraque